
Ce qu’il y a de bien avec ce gouvernement, c’est qu’on n’est jamais déçu.
Par exemple, on sait que, systématiquement, il optera pour la meilleure politique en faveur des riches et des nantis en écrasant au passage la gueule des plus défavorisés.
Ou qu’entre une politique progressiste et une politique réactionnaire, c’est toujours la dernière qui l’emportera.
Toujours.
Même s’ils font mine de vouloir se parer de quelques couleurs «généreuses», ça sera à chaque fois pour mieux les abandonner et opter au final pour leur contrepoint le plus conservateur.
Pas de surprise.
C’est bien : tout le monde n’aime pas les surprises, de toute façon.
Par exemple, quand la droite sarkozyste a agité
en avril dernier la possibilité d’étendre un statut du beau parent aux familles homoparentale, c’est sans surprise qu’on a vu la vieille garde homophobe et rétrograde pousser des cris d’orfraie et prophétiser (une fois de plus) la fin de la civilisation (de quelle « civilisation » parle-t-on, au fait ? Cette vieille carne hétéropatriarcale et capitaliste peut bien crever demain, ce n’est pas moi qui vais la pleurer !).
C’est sans surprise qu’on a entendu les mêmes refrains confessionnels dans la bouche de personnalités politiques d’un pays pourtant réputé laïc.
C’est sans surprise que l’unique ministre favorable à l’homoparentalité a été finalement écartée de l’élaboration du projet de loi et remplacée par une personnalité politique notoirement hostile aux droits des familles homoparentale.
C’est donc sans surprise aucune qu’on apprend aujourd’hui (presque avec soulagement de voir confirmer tant de constance et de cohérence, finalement), que dans le rapport de la mission Leonetti qui sera remis aujourd'hui au gouvernement la mention des familles homoparentale a été supprimée du texte de loi.
Dans un souci d’«allègement du texte», dit-on.
Parce qu’il n’y a «nul besoin de le préciser», dit-on.
Parce que, contrairement à ce que prétend
l’APGL (qui, bien qu’étant la première concernée, a priori, se trompe sur toute la ligne, sisisi) dans la France sarkozyste du XXIe siècle, il est EVIDENT que lorsqu’on parle de «famille» ou de «parentalité», on sous-entend aussi les familles composées de deux hommes ou deux femmes.
Parce qu’en l’état actuel du droit en France, les familles homoparentales qui voudraient bénéficier du statut du tiers instauré par Ségolène Royal ne sont PAS DU TOUT entièrement à la merci du juge qui, s’il est de mauvaise humeur ou homophobe (ou les deux) peut très bien refuser d’accorder ce statut au co-parent si sa tête ne lui revient pas.
Sans surprise, une fois de plus, avec ce gouvernement, nos droits élémentaires sont déniés ET EN PLUS on nous prend pour des abrutis décérébrés.
Après tout, tout le monde n’aime pas les surprises.