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vendredi 23 octobre 2009

Carole Roussopoulos est morte

Je lis à l'instant dans les Entrailles de Mademoiselle le décès de la réalisatrice suisse Carole Roussopoulos.

Durant des années, elle a été les yeux et les oreilles du mouvement des femmes, mettant à sa disposition les outils innovants de la vidéo pour contrer le discours hétérosexiste (à l'époque on disait phallocrate) dominant.

Ses films étaient jubilatoires, provocateurs, enragés et politiques.

Ils m'ont communiqué leur joie de vivre rebelle et collective en me montrant que ma colère "privée et individuelle", mon indignation et mon refus d'accepter ce monde tel qu'il est s'inscrivaient dans une longue histoire. En un mot, qu'ils étaient politiques.
Et ses images granuleuses, capturées souvent au plus vif de l'action, m'ont montré que mes aînéEs dans la lutte étaient beaux et belles dans leur rage et que, malgré les années qui nous séparaient, nous faisions partie d'un même mouvement.

Je suis très émue d'apprendre sa disparition et plus encore de ne rien lire à son sujet dans la presse dominante.

Mais, dans le fond, le contraire serait presque inquiétant.

mercredi 7 octobre 2009

Not everyone loves a surprise

Ce qu’il y a de bien avec ce gouvernement, c’est qu’on n’est jamais déçu.

Par exemple, on sait que, systématiquement, il optera pour la meilleure politique en faveur des riches et des nantis en écrasant au passage la gueule des plus défavorisés.
Ou qu’entre une politique progressiste et une politique réactionnaire, c’est toujours la dernière qui l’emportera.
Toujours.

Même s’ils font mine de vouloir se parer de quelques couleurs «généreuses», ça sera à chaque fois pour mieux les abandonner et opter au final pour leur contrepoint le plus conservateur.
Pas de surprise.

C’est bien : tout le monde n’aime pas les surprises, de toute façon.

Par exemple, quand la droite sarkozyste a agité en avril dernier la possibilité d’étendre un statut du beau parent aux familles homoparentale, c’est sans surprise qu’on a vu la vieille garde homophobe et rétrograde pousser des cris d’orfraie et prophétiser (une fois de plus) la fin de la civilisation (de quelle « civilisation » parle-t-on, au fait ? Cette vieille carne hétéropatriarcale et capitaliste peut bien crever demain, ce n’est pas moi qui vais la pleurer !).
C’est sans surprise qu’on a entendu les mêmes refrains confessionnels dans la bouche de personnalités politiques d’un pays pourtant réputé laïc.
C’est sans surprise que l’unique ministre favorable à l’homoparentalité a été finalement écartée de l’élaboration du projet de loi et remplacée par une personnalité politique notoirement hostile aux droits des familles homoparentale.

C’est donc sans surprise aucune qu’on apprend aujourd’hui (presque avec soulagement de voir confirmer tant de constance et de cohérence, finalement), que dans le rapport de la mission Leonetti qui sera remis aujourd'hui au gouvernement la mention des familles homoparentale a été supprimée du texte de loi.

Dans un souci d’«allègement du texte», dit-on.
Parce qu’il n’y a «nul besoin de le préciser», dit-on.

Parce que, contrairement à ce que prétend l’APGL (qui, bien qu’étant la première concernée, a priori, se trompe sur toute la ligne, sisisi) dans la France sarkozyste du XXIe siècle, il est EVIDENT que lorsqu’on parle de «famille» ou de «parentalité», on sous-entend aussi les familles composées de deux hommes ou deux femmes.

Parce qu’en l’état actuel du droit en France, les familles homoparentales qui voudraient bénéficier du statut du tiers instauré par Ségolène Royal ne sont PAS DU TOUT entièrement à la merci du juge qui, s’il est de mauvaise humeur ou homophobe (ou les deux) peut très bien refuser d’accorder ce statut au co-parent si sa tête ne lui revient pas.

Sans surprise, une fois de plus, avec ce gouvernement, nos droits élémentaires sont déniés ET EN PLUS on nous prend pour des abrutis décérébrés.

Après tout, tout le monde n’aime pas les surprises.

vendredi 4 septembre 2009

Private Joke


Comment devenir unE théoricienNE du genre


Je serai absente jusqu'au 28 septembre, par là.
Amusez-vous bien et n'oubliez pas votre gel antiseptique...

N'oubliez pas votre gel tout court, d'ailleurs.
Bisous.

lundi 3 août 2009

La paille et la poutre

Samedi 1er août, à 23h00, un homme vêtu de noir et cagoulé a ouvert le feu lors de la réunion de fin de shabbat du centre LGBT de Tel Aviv, en Israël.
Nir Katz, un garçon de 26 ans, et Liz Tarbishi, une fille de 17 ans ont été tués.
Quinze personnes ont été blessées.
Cinq sont dans un état grave.
La presse est unanime : même si le coupable n'a pas encore été retrouvé, il est fort à parier que c'est le fondamentalisme religieux qui a guidé son geste. Les discours de haine homophobe des ultra-orthodoxes font régner un climat de tension que d'aucuns jugent insoutenable en Israël, disait dimanche la correspondante permanente de France Info.
C'est la première fois que j'entends sur les ondes (et que je lis aujourd'hui dans la presse), que des crimes homophobes pourraient puiser leur source et leur légitimation dans le discours fondamentaliste religieux.
Evidemment, là il est question d'«Eux» : eux, les fondamentalistes juifs ultra-orthodoxes, les haredim de Méa Shéarim, ceux qui s'estiment au-dessus des lois laïques.
L'un d'«Eux», Yishai Shlisel, 30 ans, a poignardé trois participants de la gay pride de Jérusalem en 2005. Il a déclaré : «J'y suis allé pour assassiner au nom de Dieu. Une telle abomination ne peut exister en Israël».
Là, c'est marrant, on sent bien l'unanimité autour de la condamnation des fondements religieux de l'homophobie. Tout comme on la sent bien, d'ailleurs, quand il est question de l'islam, tellement indubitablement obscurantiste quand il condamne les pédés à se balancer au bout d'une corde.
Pourtant, quand le maire de Moscou interdit la tenue de la gay pride parce qu'elle est «l'oeuvre de Satan» ou que les pédés, les gouines et les trans de Budapest, de Varsovie ou de Belgrade se font insulter et tabasser par des groupes de fachos attisés par les religieux, généralement, on n'entend peu, voire pas de condamnation de l'homophobie religieuse.

On fait la moue en disant que ça fait partie de la «liberté d'expression» de ces fondamentalistes...
Parce que ceux-là sont les «nôtres» ?

Ce n'est plus «Eux», juifs ou musulmans : c'est nous.
Ce sont nos popes, nos papes, qui désignent les «dégénérés» et pointent du doigt celles et ceux qui, selon eux, font horreur à Dieu... et jamais n'assument leurs responsabilités quand des illuminés les prennent au pied de la lettre.
Pourtant, où est la différence ?

C'est toujours tellement plus confortable de dénoncer les errements des «Autres».

vendredi 22 mai 2009

Non à l'expulsion de Giorgie, Ronnie et Policarpio, trois PhilippinEs homos et trans' !

Nous apprenons l'expulsion imminente de trois personnes philippines, homosexuels et trans'.
Ils et elle sont, à cette heure, en centre de rétention à Strasbourg.
Ronnie et Policarpio sont en couple depuis 1994 et vivent en France depuis 8 ans.
Giorgie a quitté les Philippines en 2005 pour fuir les persécutions que subissent les personnes transgenre dans ce pays.
Nous exigeons la régularisation immédiate de Giorgie, Ronnie et Policarpio.
Nous appelons toutes les associations LGBTI d'Alsace, toutes les organisations politiques et syndicales à se rassembler : samedi 23 mai à 14 h place Kléber à Strasbourg pour exiger leur régularisation et témoigner ainsi de notre indignation, de notre vigilance et de notre solidarité.
Premiers signataires : TaPaGeS, Support Transgenre Strasbourg, Over the Rainbow, David et Jonathan 67, FestiGays, Scumlambda, LeZ Strasbourgeoises, AIDES 67, LaLune, Égalite dans la diversité (Section LGBT du Conseil de l'Europe), Nouveau Parti Anticapitaliste 67, Alternative Libertaire Alsace, Les Verts Alsace, Parti Communiste Français 67, association Untergang, ALDA(Association de Lutte contre les Discriminations en Alsace et pour l'Égalité des Droits)...

TaPaGeS - TransPédéGouines de Strasbourg, le 21 mai 2009
http://www.tapages67.org/