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vendredi 29 juillet 2011

Malgré les apparences, c'est l'été


Et qui dit été, dit vidéo d'une désinvolture assumée.

Elle est destinée à écarter un instant de nos esprits hagards l'éventualité du vote par les parlementaires de la «règle d'or» voulue par Sarkozy, qui permettrait d'inscrire dans la constitution sa politique d'austérité et d'injustice sociale. Ce qui empêcherait tout changement d'orientation économique à l'avenir : le néo-libéralisme comme seul horizon.
See what I mean ?

Et aussi, évidemment, la mort de plus de 70 jeunes socialistes norvégiens, tués par un facho illuminé. Une génération assassinée. Ils nous manqueront, ces bras-là, ces désirs-là...

Allez, je vous laisse avec la vidéo, ça vaut mieux :-c

mercredi 13 juillet 2011

L'Art de la guerre

Je reçois régulièrement dans ma boîte aux lettres, sans avoir rien demandé, la propagande vaticone le bulletin de la paroisse catholique. C’est un A3 photocopié et plié en deux qui regroupe les infos cathos de la communauté de paroisses du coin qui regroupe quatre villages, dont le mien.
Après avoir imaginé leur demander qu’ils s’épargnent la peine de m’adresser ça, je l’ai longtemps benné au recyclage sans le lire. Mais, depuis qu’ils ont échangé depuis peu leur vieux curé contre un jeune malgache plein d’ardeur, je prends le temps de le parcourir par curiosité.

«Connais ton ennemi» pourrait être une injonction biblique, mais elle est tirée de «L’Art de la guerre», un traité de stratégie militaire de Sun-Tzu et daterait du VIe ou du Ve siècle avant JC.
Et finalement, ça tombe très bien, parce que dans le «Numéro de l’été 2011» du bulletin paroissial, au milieu d’un texte languissant et convenu sur l’écologie, j’ai découvert ça :

(…) Mais d’un autre côté, l’humain est maltraité, expulsé des bienfaits de l’écologie : lui, il n’a pas le droit d’être naturel, d’être conforme à ce que Dame Nature a fait de lui. Il devient un objet d’expérimentations contre nature, on lui fait choisir son genre (sa sexualité) sous couvert de modernité, alors que la modernité écologique va justement à contre-courant. Dans les nouveaux manuels de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre), en classe de première, au chapitre « Devenir homme ou femme », on enseigne à nos jeunes que l’orientation sexuelle (masculin ou féminin) découle de l’environnement socioculturel, indépendamment du sexe biologique. L’hétérosexualité ne serait-elle plus la normalité pour engendrer la vie ? Cette théorie du genre, présentée faussement comme donnée scientifique, est une idéologie née aux Etats-Unis dans les années 70.
Aujourd’hui, les spécialistes savent que certains médicaments nuisent non seulement à l’homme mais aussi à la nature : rien que pour exemple, la pilule contraceptive peut favoriser des cancers ou autres pathologies. Ce même contraceptif rejeté dans les eaux a fait baisser les espèces mâles et augmenter anormalement le nombre de poissons femelles. (…)

Je confesse que la lecture de ce gloubiboulga mal digéré sur la gender theory m’a fait surgir des pensées très peu chrétiennes et que ma TA aurait certainement fait péter le tensiomètre si on me l’avait mesurée.
(Oui, je suis un peu hystérique et colérique sur les bords, je sais).

Nan mais attendez, attendez…
Que Ratzinger soit un opposant farouche du féminisme matérialiste et de la gender theory, on le sait depuis 2004, c’est pas nouveau.
Mais que le curaillon de mon bled, en pleine torpeur estivale, prenne le temps de relayer dans une prose besogneuse toute la haine que nous voue son lointain chef, ça me troue.
Nan mais sérieux, ça se voit que le pauvre ne comprend pas même la moitié de ce qu’il raconte : il mélange allègrement sexe, genre et orientation sexuelle, fronde contre les nouveaux programmes de SVT, haine de l’homoparentalité et condamnation de toute forme de contraception (et puis qu’il puisse y avoir plus de femelles que de mâles, ça a l’air de le bouleverser, le pauvre bouchon !).
A mon avis, il n’a jamais rencontré de pédé ou de gouine, et encore moins de trans !

En fait, il est juste aux ordres, comme un vaillant petit soldat, prêt à répéter sans les comprendre les recommandations pastorales vaticones, à distiller sa haine du haut de sa chaire et à lancer contre nous ses imprécations téléguidées depuis Rome.
Une guerre.
Une croisade.
Et tout ça à 200 mètres de ma maison.

Au Ve siècle après JC, Augustin d'Hippone (aussi connu sous le sobriquet pittoresque de «saint Augustin»), avance l'idée que certaines guerre sont justes (ou au moins "justifiable"), notamment lorsqu'il s'agit de se défendre d'une attaque.

Je me déclare officiellement attaquée.

vendredi 8 juillet 2011

Realpolitik (homophobe)

Nous apprenons à l'instant l'arrestation, à Paris, du militant LGBTI Nikolaï Alekseev, responsable de Gayrussia et organisateur de la gay pride de Moscou qui, tous les ans, est réprimée dans la violence par l'extrême droite religieuse et la police.
En prévision d'une action de solidarité organisée notamment par Act Up ce soir, il était venu, avec Louis-Georges Tin, Audrey Grelombe et Eric Marty d’Act Up-Paris et le photographe Charles Meacham, pour déposer à l'ambassade de Russie une pétition contre les violences survenues lors de la dernière gay pride de Moscou.
Devant les grilles de l'ambassade, ils ont été arrêtés pour «Rassemblement illégal» (comme c'est habile...)
A l'heure actuelle, Nikolaï Alekseev est toujours en garde à vue, mais les autres militants ont été relâchés.
Il y a fort à parier que, fort opportunément, il ne sera libéré que demain, ce qui l'empêchera de participer à la manifestation de ce soir.

D'une main, la France «lutte contre l'homophobie» (rires), essentiellement en donnant des leçons de droits de l'homme à l'étranger, mais de l'autre, elle serre avec enthousiasme des louches à ses amis et n'hésite visiblement pas, à l'occasion, à leur rendre de menus services...

mardi 14 juin 2011

«Huh ? What ? Right. Uhh...»


Aujourd'hui, mardi 14 juin, l'Assemblée nationale vient de rejeter la proposition de loi relative à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe par 293 voix contre 222.
La droite : toujours en avance d'une contre-révolution.
Puisque les mots sont superflus, je laisse la parole à Miss Piggy et à Peaches.

vendredi 10 juin 2011

Dans la rue !

TaPaGeS participera à la 10ème « Marche des Visibilités LGBTI » de Strasbourg le samedi 11 juin 2011 dans un « pink, black, red... bloc » commun avec Support Transgenre Strasbourg, Les Poupées en pantalon et Over the Rainbow.

Rendez-vous à 14 h place de l'Université pour le départ de la marche derrière nos banderoles roses.


Arrêtons d’être fièrEs,
soyons révolutionnaires !

Merveilleux pied de nez de l'Histoire : tandis que notre droite moisie expose au grand jour ses accointances avec le Front national en reprenant le discours des Le Pen père et fille contre les immigréEs arabes et les musulmanEs françaisEs (présentéEs comme les ennemiEs des gays, ce qui est faux. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que la droite, elle, nous déteste et nous discrimine à longueur de temps : nous ne serons pas l'alibi universaliste et tolérant de leur racisme !), ces mêmes arabes, ulcéréEs par les effets dégueulasses du néolibéralisme et de la dictature sur leurs vies, montrent héroïquement en Tunisie, en Egypte, en Lybie, au Yémen, en Syrie qu'on peut changer les choses. Que le peuple dans la rue, ça veut dire quelque chose. Que rien n'est fatal. Que se battre pour l'égalité, la liberté, un autre futur, ce n'est pas qu'un écho vague des luttes de libération des années 70, mais c'est d'une actualité brûlante, c'est d'un enthousiasme contagieux. Aujourd'hui, ce sont les arabes, dans toute la radicalité de leur indignation, qui incitent l'Espagne, la Grèce, et la France, à se révolter à leur tour.
C'est le souffle de l'émancipation que nous voudrions retrouver dans nos rassemblements et nos manifs et pourquoi pas celle d'aujourd'hui, en écho aux luttes de libération des années 1970 : celle de Stonewall, émeute sublime, moment où les pédés, les gouines et les trans ont pris leur destin en main. Où ils et elles ont décidé de se libérer de l'oppression. Trois jours et trois nuits de sédition à New York en 1969 : qu'elle était belle et révolutionnaire, cette colère !
Si belle que, depuis, année après année, on descend dans la rue pour commémorer ce moment, pour se rappeler d'où on vient, que toute lutte de libération, dans le fond, ne peut naître que dans la rue. Mais, de plus en plus, ce souvenir s'enlumine dans nos mémoires et prend la poussière dans nos consciences.
Nous sommes fierEs, paraît-il.
Mais fièrEs de quoi, et de qui ?
Nous nous sommes contentéEs de bien peu, finalement : un ou deux bar gay, quelques élus pédés, un sous-droit, une série lesbienne à la télé...
N'y-a-t-il vraiment plus aucune raison de se battre ? Certes, nous sommes de plus en plus souvent KO, à genoux, épuiséEs ; tous les jours un peu plus sidéréEs par l'abjection de ce gouvernement, lui
qui expulse et donc condamne à mort les étrangers malades,
qui pénalise les putes sous prétexte de défense des femmes (alors que Sarkozy s'interrogeait le 8 mars sur l'utilité de la Journée des femmes, alors qu'il est de plus en plus difficile d'avorter, alors que les femmes gagnent toujours 25% de salaire en moins à travail égal…),
qui refuse aux toxicos les salles de shoot permettant la réduction des risques,
qui ignore toujours l'urgence de la lutte contre le sida,
qui fait croire qu'il lutte contre l'homophobie tout en laissant ses élus nous insulter,
qui empêche avec obstination toute avancée vers l'égalité des droits (ils sont contre le mariage, contre l'adoption, contre l'aide à la procréation médicalement assistée…)
qui reste de marbre quand nos sœurs sont menacées en Ouganda (où une loi prévoit de condamner à mort les personnes LGBTI), tabassées à Moscou (où la gay pride, comme tous les ans depuis 2006, s'est terminée dans la violence et la répression de la police et des fachos)
qui bétonne les franchises médicales et dérembourse les médicaments à tour de bras,
qui veut mettre les chômeurs au travail forcé,
qui continue de détruire les services publics, les retraites, la sécu...
Bref : qui appauvrit les pauvres et enrichit les riches et qui, pour mieux régner, essaie de nous monter les unEs contre les autres : salariéEs contre chômeur-EUSEs, «bien portants» contre malades, hommes contre femmes, homos contre hétéros, «de souche» contre «originaire de», sédentaires contre migrantEs, blancHEs contre non-blancHEs.
Aujourd'hui, cette politique raciste, sexiste, homophobe, anti-pauvres : capitaliste et patriarcale, ne nous donne en rien envie de danser au rythme de la techno.
Elle ne nous donne pas plus envie de «voter» pour les candidatEs à «l'alternance» présidentielle présentée comme la panacée à tous nos problèmes: qu'attendre des promesses d'un PS toujours plus à droite qu'on a hélas déjà si tristement vu à l'œuvre ?
Cette année, c'est un comble, elle ne nous donne même plus envie de nous mobiliser,
comme ce fut le cas en 2004, «pour la parentalité», même si nous rageons évidemment de voir nos familles toujours ignorées par la loi.
Cette politique monstrueuse nous fait plutôt rêver d'un rassemblement plus vaste qu'un cortège de quelques milliers de transpédégouines, plus durable qu'un après-midi ensoleillé, plus désespérément et radicalement enragé qu'un défilé convenu et festif.

A nous aussi, elle nous donne envie de hurler «Dégage !»

A Moscou, ils prennent des torgnoles, ici on danse en farandoles…
mais demain : la carmagnole !

TaPaGeS
TransPédéGouineS de Strasbourg