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jeudi 26 août 2004

Je suis une sorcière queer

Là où tout à commencé
Ou : Pourquoi M. et moi avons décidé d'en finir avec nos ulcères !


CITE DU VATICAN (AFP) - Le Vatican a condamné le féminisme radical qui gomme la différence entre les sexes et la considère comme un simple conditionnement culturel, dans une lettre aux évêques qui sera publiée samedi, a-t-on appris vendredi de source vaticane.Le document, qui doit être approuvé par le Pape, s'en prend en particulier à la tendance du féminisme radical aux Etats-Unis, dont Judith Butler est la porte-parole, selon laquelle la différence entre hommes et femmes serait déterminée non par le sexe mais par la culture. La conséquence, fermement condamnée par le Vatican, serait que, sans tenir compte de son sexe originaire, les individus pourraient choisir leur "genre": l'héterosexualité, l'homosexualité, le lesbianisme, la transexualité, voire le changement de sexe. La lettre rédigée par la Congrégation de la doctrine de la foi dirigée par le cardinal allemand Joseph Ratzinger encouragera une promotion de la femme dans la vie sociale et publique sans léser sa vocation de mère, qui doit être reconnue et garantie, même économiquement. Il encouragera également la promotion de la femme au sein de l'Eglise, mais sans lui ouvrir la porte au sacerdoce.

Le Vatican s'attaque précisément (et nommément, pauvre Judith Butler ! Ce post est le témoignage de mon soutien et toute mon affection !) à mes idées les plus intimes.
Ça fait même maintenant 4 ans que je milite pour ces idées et que je prends publiquement la parole pour les diffuser.
Est-ce que ça veut dire que je vais finir sur le bûcher ?

Moi aussi, je suis une sorcière queer !

S., enragée et retranchée du troupeau des catholiques.

A toi, M.

«Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon père»

Personnellement J'ADORE les grandes folles hystériques et les camionneuses revêches.

J'aime leur côté subversif. J'aime le fait que sans se tromper, d'un seul coup d'oeil, le commun des mortels les identifie comme gay ou lesbienne.
Ils se jouent des normes, ils se jouent des genres et ils veulent que ça se sache.
Je me souviens avec respect du fait que devant le bar Stonewall Inn, à New York en 1969, ce sont les travelos qui ont réagi les premiers, qui sont montés au créneau sans avoir peur de filer leurs bas et qui ont balancé leur sac à main dans la tronche des policiers venus une fois de plus les emmerder dans leur boîte de Greenwich. J'ai aussi du respect pour les "camionneuses", les "butch", les "drag-kings", qui sont obligées de défendre leur vision de la féminité à la fois contre les hommes et contre les femmes, qui veulent leur faire croire qu'avec leurs cheveux courts, leurs pantalons unisexe, leur tee-shirts aux manches roulées et leurs poings fourrés au fond de leurs poches, elles sont moins femmes que d'autres.

J'aime aussi voir que la plus "féminine" de mes amies est lesbienne et qu'elle a la langue qui traîne au sol quand sa copine dite "masculine" roule des mécaniques dans son jeans 501 ! J'aime aussi me rendre compte qu'une autre de mes copines, qui est trans "homme vers femme", opérée depuis peu et lesbienne, sait se maquiller, elle, contrairement à moi, qui n'ai décidément pas plus le gène du maquillage que celui du repassage, malgré ce que nos politiciens les plus réacs tentent de me faire croire.
(Et j'adore qu'elle me demande, lorsque exceptionnellement elle me voit en robe, si j'ai déjà commencé mon traitement hormonal ! Lol !)

Et deux de mes amies ont fait un bébé en Belgique récemment, mais c'est la plus "masculine" des deux qui porte l'enfant et pas la plus "féminine", qui n'a peut-être tout simplement pas "l'instinct maternel".

J'aime voir que la gay pride est une expression de la diversité du monde lesbien, gay, bi et trans. J'aime y voir des drag-queens exubérantes, parce que la fête et l'inversion des genres est une composante essentielle de la culture gay. J'aime y voir des personnes transgenres, opérées ou non, sous traitement hormonal ou non, parce qu'elles nous rappellent que les genres masculin / féminin sont des créations culturelles et non une fatalité. J'aime y voir des gens dans des trips SM, parce que certains et certaines d'entre nous mettent le sexe au centre de leurs préoccupations et font tourner leur vie exclusivement autour de ça. J'aime y voir des lesbiennes séparatistes pas toujours très marrantes, serrées derrière des banderoles austères, parce qu'elles aussi, elles ont contribué à l'évolution des mentalités. J'aime y voir des "Bears" poilus qui par leur tour de taille imposant font un pied de nez aux canons de minceur imposés par la force au sein même du milieu gay. J'aime aussi y voir des hétéros, intimidés, heureux, libérés. J'aime y voir des personnes âgées, "vieux pédés" ou "vieilles goudous" qui se tiennent timidement la main, étonnés face à cette visibilité toute neuve et j'aime y voir des landaus, poussés par des personnes de même sexe, parce que nous avons des enfants et que nous ne sommes pas stériles et que si ces enfants voient ce spectacle surprenant, peut-être auront-ils la chance d'avoir l'esprit ouvert. Bref : j'aime que nos différences soient une occasion de s'enrichir.

Et je ne crois pas que ces gens flamboyants donnent «une mauvaise image de l'homosexualité», comme je l'entends souvent, parce que "les homos" c'est pas seulement deux garçons bien sous tous rapport à la voix grave et aux polos assortis sur le plateau de Delarue : c'est *aussi* tout le reste.
Le beau symbole du drapeau arc-en-ciel peut être interprété comme la volonté de se montrer unis dans la diversité.

C'est le fait d'être constamment étonnée et chamboulée dans mes certitudes qui fait que je ne m'ennuie pas dans ce "milieu".

Amen.

mercredi 25 août 2004

Immaculée conception

Le voilà créé, le défouloir de nos rêves !

Amen, honey !